Une place pour tous

HOMÉLIE—16 Août 2015—Une place pour tous

Je me rappelle que la jeune femme était anxieuse lorsqu’elle est entrée dans mon bureau.  Je l’ai invitée à s’asseoir.  C’était la quatrième semaine d’un cours à l’université que je donnais depuis déjà plusieurs années—un cours sur la religion et la sexualité.  Après avoir discuté de choses et d’autres en rapport avec les aspects techniques du cours, elle me dit que le cours lui ouvre des horizons nouveaux, et qu’elle ne savait pas qu’il y avait autant de liens entre sexualité et religion.  Je savais, d’après mon expérience, que bien souvent les étudiants disaient des choses comme ça parce qu’ils voulaient partager quelque chose de personnel.  Je lui demande donc de me parler de sa propre expérience.  Elle me dit qu’elle avait été élevée dans une famille italienne catholique très croyante, qu’elle ressentait de  l’attirance envers d’autres femmes, et qu’elle avait peur à la fois de la réaction de ses parents mais aussi ce que son église enseignait en rapport avec l’homosexualité comme péché.  Ses yeux parlaient de sa tristesse.  Je l’ai rassurée du mieux que je pouvais, et je l’ai référée à notre service de counseling pour qu’elle puisse avoir de l’aide avec son « coming-out ».  Je connais plein d’autres histoires semblables.

Pourquoi nos églises—et aussi la religion en général—ont-elles autant de problèmes avec la sexualité, et en particulier avec cette attirance et ce désir entre des personnes de même sexe?  Dieu aurait-il vraiment créé un désir contre-nature, un désir immoral et dépravé?  En ce dimanche de la fierté, cela mérite réflexion.

Le christianisme a souvent eu des problèmes avec le corps humain, et encore plus avec ce qu’il peut et ne doit pas faire, et avec qui.  Pour ceux et celles d’entre nous qui sommes d’une « certaine » génération, nous nous rappelons très bien ce que l’église d’ici nous enseignait à propos des comportements sexuels.  Il n’y avait qu’un chemin à suivre: un chemin souvent étroit et plein d’embuches.  Et encore aujourd’hui, des églises chrétiennes prêchent très violemment contre les personnes gaies et lesbiennes, ici et ailleurs.  D’autres églises, comme l’Église unie ainsi que la nôtre, l’Église anglicane, sont toutefois plus ouvertes.  Les religions ne sont donc pas toutes homophobes, mais beaucoup, beaucoup trop, le sont encore.

Nous croyons en un Dieu qui a pris chair, un Dieu qui avait tant de respect pour l’être humain qu’il avait créé qu’il a décidé d’en devenir un.  C’est ce même Dieu qui nous parle dans l’évangile d’aujourd’hui de manger sa chair et de boire son sang—un Dieu qui a partagé notre corps: ses faiblesses, ses forces, mais aussi ces désirs.  Un Dieu qui nous accepte tels que nous sommes, car ce Dieu a connu les beautés et les angoisses de notre humanité et de notre corps.  Ce Dieu ne crée rien de vulgaire.

Chaque fois que nous nous réunissons autour de la table du Seigneur lors de la célébration de l’Eucharistie, nous devenons—chacun et chacune de nous, peu importe qui nous sommes, ou quels sont nos désirs ou nos attirances—membres à part entière de ce corps de Dieu.  Chez-nous, il y a une place pour toutes et pour tous car tout ce que Dieu crée est beau, incluant la riche diversité de nos sexualités.  Le drapeau arc-en-ciel que nous voyons à l’arrière de l’église en témoigne.  Nous nous devons donc d’en être de fidèles témoins.

Commentaire (1)

  1. Répondre
    jeanmarie says:

    Bonsoir
    tellement vrai…
    combien d”amis de mes enfants ont quitté leurs religion catholique avec un grand par un manque d’accueil et d’écoute
    merci Jean jacques

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