Nous appartenons seulement à Dieu – Jésus est devenu notre patrie

Le douzième dimanche après la pentecôte

Isaiah 56:1-, 6-8; Ps 67; Rom 11:1-2a, 29-32; Matt 15:21-28

La Rev. Dre. Deborah Meister 


Quand j’étais à l’école secondaire, ma famille a passé deux semaines en Israël. Je me souviens bien les rues de Jérusalem, où tout était en pierre dorée: les grands monuments de notre foi, le temple où se trouvait Jésus, les maisons, le mur des lamentations, les rues eux-même. Mais entre toutes ces choses étonnantes, je me souviens aussi un petit panneau en bois, peint en bleu, avec ces mots: “une maison de prière pout tous les peuples.” Ce panneau a arrêté mes pas. Je n’ai jamais pensé que tous les peuples du monde pouvait prier ensemble. A quoi cela ressemblerait-il? Mais comme nous venons d’entendre, ce rêve était le rêve de dieu.

Nous avons ce matin trois lectures concernant le bienvenue que nous devrons offrir à l’étranger. D’Ésaïe, nous apprenons que les étrangers et étrangères qui s’attachent à la foi d’Israël seront une partie vraie du peuple de dieu. Pour nous, c’est évident, mais, à la fois, c’était révolutionnaire. Le peuple d’Israël était une groupe des tribus; l’adhésion a passé d’une mère à ses enfants. C’est à dire que c’était une adhésion du sang. C’est vrai que les scolaires pensent que, quand les Israélites ont fui leur esclavage en Égypte, il y avait des autres peuples parmi eux. Mais au temps d’Ésaïe, ce fait était passé de la memoire du people. Et c’est vrai que même le roi David avait des ancêtres féminins qui n’ont pas été des Israélites, mais ça, c’était regardé comme une chose extraordinaire. Alors, quand le prophète a dit que les étrangers pouvaient se joindre à son peuple, c’était une nouvelle façon de penser du monde.

Apparement, si nouvelle que, des centaines d’années plus tard, il était encore difficile pour Jésus d’accueillir une femme cananéenne. Elle s’est approchée de Jésus comme tant d’autres personnes, cherchant une guérison pour sa fille, mais Jésus l’a premièrement ignorée, puis il a refusé ses demandes, en disant, “Je n’ai été envoyé que vers les  moutons perdus du peuple d’Israël.” C’est à dire, “tu n’est pas de mon peuple.” Pour nous qui savons ce qu’il va passer, c’est un moment horrifiant, mais pour les autres disciples, ces mots ont été le désir de leurs coeurs. Ils avaient plaidoyé à Jésus, “Renvoie-la” — et il l’a fait. Pour eux, les dons de dieu étaient pour le peuple de dieu — et ils étaient ce peuple! Et les cananéens, ils avaient été les ennemis d’Israël pendant des centaines d’années. Pourquoi les aider maintenant? Mais quand la femme a parlé avec Jésus, il a accompli sa demande. Les mots sont importants, et ils sont cachés par notre traduction: Jésus a dit, “Ce n’est pas bien de prendre le pain des enfants et de le jeter aux chiens” — utilisant un mot qui veut dire “les chiens sauvages.” Mais la femme a utilisé un mot qui indique les chiens domestiques — où Jésus a indiqué une relation de séparation et du danger, la femme a offert une relation d’appartenance. Elle s’imaginait comme une membre de la famille de dieu, non pas comme une étrangère — et Jésus l’a acceptée.

Qui est l’étranger? Même aujourd’hui, c’est bien contesté par nos politiciens, dans notre société. Qui est le vrai Québecois? Quelle est notre langue? Avons-nous plus d’une? Qu’est-ce qu’on doit porter, où ne pas porter? Et si vous êtes un immigrant où une immigrante, qu’est-ce c’est votre identité? Êtes-vous encore Haïtien? Américain? Canadien? Quelque chose à trait d’union?  Ces questions sont importants pour nous; ils façonnent nos politiques, notre culture, nos vies.  Et pour nous qui sommes chrétiens, la réponse est un peu choquant: l’étranger, c’est nous. Non pas seulement ici, dans notre société séculaire, mais toujours. Aux yeux de Dieu, être l’étranger est essentiel à l’identité de son peuple.

Nous l’écoutons pour le premier fois dans le livre d’Éxode. Nous connaissons tous les grandes commandements: Tu aimeras le Seigneur de tout ton coeur, et tu aimeras ton voisin comme toi-même. Mais il y a une troisième partie de cette commandement: “Tu ne maltraiteras pas et tu n’exploiteras pas les immigrés installés chez vous ; rappelez-vous que vous étiez aussi des immigrés en Égypte.” (Ex 22:21) Dès les premiers jours de leur liberté, Dieu a indiqué aux israélites que leur expérience d’avoir été des étrangers devrait être au centre de leur identité en tant que personnes libres. Il aurait été facile — trop facile — pour eux d’avoir oublié, d’avoir commencé à agir comme tous les autre peuples du monde: en privilégiant les gens de leurs tribus, de leur culture, plus que les autres. Mais Dieu leur a prohibit, en disant, “Rappelez-vous que vous étiez aussi des immigrés en Égypte.” Et même dans ces mots, nous pouvons voir quelque chose curieux: Dieu n’a pas dit, “vous étiez des esclaves”; il a dit, “vous étiez des immigrants” — ce qui indique que leur experience en tant qu’étranger était la chose importante.

Et dans la première lettre de St. Pierre, nous lisons que Pierre s’addresse à nous avec ces mots: “À ceux que Dieu a choisis et qui vivent en immigrés.” (1 Peter 1:1) Pour eux, c’était un état vrai d’exile, parce-que Pierre écrit aux chrétiens d’origine juive qui ne vivaient pas a Jérusalem.  Pour Pierre, leur expérience d’exil est une des difficultés qui purifiera leur foi.

Mais c’est Paul qui nous donne le vrai sens de notre status en tant qu’exil, en disant, “Rappelez-vous donc ce que vous étiez autrefois ! Vous n’êtes pas Juifs de naissance ; … vous étiez étrangers, vous n’apparteniez pas au peuple de Dieu ; vous étiez exclus des alliances fondées sur la promesse divine ; vous viviez dans le monde, sans espérance et sans Dieu. Mais maintenant, par l’union avec Jésus Christ, vous qui étiez alors loin, vous avez été rapprochés par le Christ qui a versé son sang. Oui, c’est lui qui est notre paix, lui qui a fait de ceux qui sont Juifs et de ceux qui ne le sont pas un seul peuple. En donnant son corps, il a abattu le mur qui les séparait et qui en faisait des ennemis…Par sa mort sur la croix, le Christ les a tous réunis en un seul corps et il les a réconciliés avec Dieu ; par la croix, il a détruit la haine….Par conséquent, …vous n’êtes plus des étrangers, des immigrés ; mais vous êtes maintenant citoyens à part entière avec ceux qui appartiennent à Dieu, vous appartenez àla famille de Dieu, à sa maison.” (Eph 2: 11-14, 15, 19).

En Christ, nous ne sommes pas encore des étrangers, des exils; nous ne sont pas des peuples séparés les uns des autres. En Christ, nous sommes un seul peuple, et notre identité ne se trouve pas dans les termes humaines; notre seul identité est en Dieu.

Et St. Paul est très clair: Nous n’appartenons pas à la vie de la terre. Il écrit, “Je vous y encourage, très chers amis, vous qui êtes des immigrés, des gens de passage sur cette terre : tenez-vous àl’écart des penchants mauvais qui font la guerre à votre être.” (I Pet 2:11) Parce-que nous appartenons maintenant à dieu, nous appartenons seulement à Dieu. Jésus est devenu notre patrie, notre nom vrai. Nous devons vivre toujours comme des étrangers sur la terre, parce-que nous avons un autre terre d’origine; c’est à dire que nous sommes des citoyens et des citoyennes du royaume de dieu.

C’est étonnant, et les implications sont bouleversants. Si nous appartenons vraiment au royaume de dieu, nous appartenons là ou personne n’a le droit d’appartenance. Nous connaissons tous que notre adhésion à Jésus est un don de grâce. Nous sommes tous des pêcheurs qui ont été graciés. Et si nous avons notre appartenance seulement par le don de dieu, nous ne devrons pas refuser ce don à un autre. Nous appartenons à Jésus quand nous manifestons son esprit. C’est en offrant l’appartenance aux autres que nous montrons nous-mêmes que nous appartenons vraiment. Malgré les mots des politiciens, le status d’appartenance n’est pas quelque chose qui est fixé à la naissance, comme une nationalité, une langue, le couleur de nos cheveux où de notre peau. L’appartenance est ce que nous offrons les uns aux autres; le pouvoir est à nous.

Nous le verrons dans la parabole que Jésus nous a raconté concernant un grand banquet de noces. Le roi a invité tous les notables de son royaume, mais l’un après l’autre, ils ont fait des excuses. Enragé, le roi a ordonné a ses serviteurs de passer dans les rues de les villes et de la paysage, et a ordonné à ses serviteurs d’inviter les aveugles, les boiteux, les pauvres. Mais les aveugles, les boiteux, les pauvres étaient les peoples qui n’étaient pas considérés comme le peuple de dieu. Ils avaient été mis à l’écart, obligés de vivre comme des étrangers. Mais pour le roi, le roi vrai, ils ont étaient là tout le temps. C’est une paradoxe divine: ici, sur la terre, nous sommes tous des étrangers, mais pour notre dieu, l’étranger n’existe pas.

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