Défendre la dignité de chaque être humain

Le troisième dimanche après la pentecôte

I Rois 19, 15-16, 19-21 ; Ps 16, Gal 5, 1, 13-25 ; Luc 9, 51-62.

La Révérende Dre Deborah Meister


Qu’est-ce qu’il veut dire, suivre Jésus? Être un disciple, où une personne de foi?

Celles sont les questions qui se présentent dans nos lectures d’aujourd’hui, mais pas dans un façon for ceux qui commencent. St. Paul distingue, autre part, entre ceux qui commencent à connaître Jésus, et ceux qui ont fait du progrès dans la foi, écrivant, “En réalité, frères et sœurs, je n’ai pas pu vous parler comme à des personnes qui ont l’Esprit de Dieu : j’ai dû vous parler comme à des gens de ce monde, comme à des enfants dans la foi chrétienne. C’est du lait que je vous ai donné, non de la nourriture solide, car vous ne l’auriez pas supportée. “ (I Cor 3, 1,2) Il implique que les conseils chrétienne doivent être adaptées aux capacités des disciples: enseignements doux pour ceux et celles qui sont des enfants dans le foi, enseignements plus sévères pour ceux et celles qui peuvent les tolérer. Les lectures d’aujourd’hui sont pour les disciples avancés.

En 1519, quand Hernán Cortés et ses hommes sont arrivés dans le nouveau monde, il leur a ordonné de brûler leurs bateaux. C’était un ordre de folie; sans ces bateaux, les hommes ne pourrait pas encore voir leurs familles, à jamais. Avec cette acte, Cortés les a forcés de s’impliquer complêtement dans ce monde nouvelle; il n’y avait aucun moyen de revenir à leurs vies ordinaires.

Les conseils d’aujourd’hui sont d’un tel façon. Ils montrent clairement que, parfois, la fidélité à l’Évangile nous obligera à renoncer et à nous opposer aux réalités de notre monde. Dans l’Évangile de Luc, Jésus se dirige vers Jérusalem pour être arrêté, condamné et crucifié.

Lorsqu’il traverse la Samarie, les gens ne le reçoivent pas ; ils ne sont pas ouverts aux enseignements d’un prophète, préférant sauver tout ce qui peut les réconforter dans leur vie ordinaire. En poursuivant son chemin, Jésus a un certain nombre d’interactions qui démontrent la nature radicale de l’appel de Dieu. Il affirme qu’il est un homme qui n’a pas d’endroit où poser sa tête – une personne, en d’autres termes, sans véritable foyer, ce qui, pour moi, évoque la douleur spirituelle d’une personne profondément ancrée dans l’amour, mais entourée par les systèmes brisés de ce monde. Il rencontre ensuite un aspirant disciple qui souhaite seulement avoir le temps d’enterrer son père. Jésus lui répond : “Laisse les morts enterrer leurs propres morts, mais toi, va annoncer le royaume de Dieu.” C’est un ordre brutal, un rappel que même les revendications de la famille ne peuvent être autorisées à prendre le pas sur l’impératif divin. L’expression de Jésus, “les morts”, divise ceux qui sont ouverts aux directives de Dieu de ceux qui ne le sont pas.  Elle implique qu’il y a un point de non-retour.  En effet, ajoute-t-il, “celui qui met la main à la charrue et regarde en arrière n’est pas digne du royaume de Dieu”. Le message est clair et sans compromis : pour ceux qui cherchent à suivre Jésus, il y aura un temps de décision, un temps où nous devrons tout mettre dans la balance.

C’est ce que nous voyons à l’œuvre dans le passage sur Elie et Elisée. Ce passage suit immédiatement celui où Élie, dans la grotte, entend le murmure de Dieu dans le silence le plus absolu. Dieu envoie le prophète pour bouleverser l’ordre du monde et le remplacer par l’ordre de Dieu, notamment, dans ce cas, en changeant les dirigeants de plusieurs nations voisines.  Et comme si cela n’était pas assez audacieux, Élie doit aussi nommer un successeur, Élisée, fils de Shaphat. Il s’approche de l’homme innocent et jette son manteau sur lui, et quand Élisée se rend compte de ce qui a été fait, il fait quelque chose d’extraordinaire : il brûle ses bœufs et offre la viande pour nourrir une foule. Il détruit ses moyens de subsistance, fermant la porte à un retour à son ancienne vie, et signale sa nouvelle vocation : nourrir le peuple de Dieu. Puis, il suit Élie.

Mes amis, c’est notre tour de suivre, non pas avec nos mots, mais avec nos vies.  Nous sommes confrontés à un monde de défis – un monde troublé par des systèmes économiques oppressifs, par la surconsommation, par le racisme, par les dangers pour la démocratie, par ceux qui menacent les droits des femmes – et c’est notre vocation de chrétiens, laïcs et ordonnés, de tout mettre en jeu pour Jésus. Saint Paul écrit : “Car vous avez été appelés à la liberté, frères et sœurs ; seulement, ne profitez pas de votre liberté pour vous complaire en vous-mêmes.” (Gal 5,13). (Ga 5,13) Pendant trop d’années, les églises chrétiennes ont compris la complaisance en termes mesquins, comme si tout ce que Dieu voulait que nous fassions était de nous abstenir de manger trop de chocolat ou de nous livrer à certains types d’expériences sexuelles. Mais saint Paul poursuit : “Par amour, devenez esclaves les uns des autres. Car toute la loi se résume en un seul commandement : “Tu aimeras ton prochain comme toi-même”. Notre travail consiste à offrir nos vies pour le bien-être des uns et des autres, et l’ultime complaisance envers nous-mêmes consiste à nous concentrer sur nous-mêmes et nos vies lorsque la liberté des autres est en jeu. Pendant trop longtemps, les forces du mal – les forces qui divisent les êtres humains les uns des autres, qui exploitent et utilisent le peuple de Dieu à leurs propres fins, les forces qui, même aujourd’hui, consument et détruisent l’écosphère qui est notre maison – ces forces se sont profondément investies dans la perpétuation de leurs intérêts personnels, tandis que les personnes de bonne volonté ont fait des gestes doux dans la confiance naïve que Quelqu’un d’autre veillerait à ce que les choses se passent bien.

Et, au sens éternel, ce sera le cas.  Ce monde est le monde de Dieu et, en fin de compte, toute mort sera suivie d’une résurrection. Nous, qui suivons le Christ, sommes appelés à être des personnes d’espoir, des personnes qui peuvent brandir l’espoir de la rédemption, se pencher sur la beauté et croire que le mal n’aura pas le dernier mot.

Mais dans l’immédiat, il n’y a pas de quelqu’un d’autre. Ceux d’entre nous qui ont promis de défendre la dignité de chaque être humain doivent entrer dans la mêlée. Nous ne pouvons plus nous contenter d’être à cheval sur la ligne de démarcation, nous appuyant sur notre mode de vie confortable tout en envisageant, à l’occasion, la possibilité de devenir de véritables disciples.  Pendant que nous sirotons des tasses de thé, le peuple de Dieu est blessé.  Et donc, nous qui sommes des personnes de conviction, nous devons travailler pour ce que nous croyons. Nous devons nous organiser, marcher, former des alliances et être aussi stratégiques que ceux qui veulent nous priver de nos libertés. Comme le prêchait William Sloane Coffin, “Le monde est [maintenant] trop dangereux pour autre chose que la vérité, et trop petit pour autre chose que l’amour”.

“C’est pour la liberté que le Christ nous a libérés. Ne vous soumettez pas de nouveau à un joug d’esclavage.” (Gal 5:1)

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