La Parole sans équivoque de Dieu

HOMÉLIE—AVENT 2—La Parole sans équivoque de Dieu

La parole de Dieu ne fut pas adressée à Justin Trudeau ni à François Legault. Et elle ne fut certainement pas adressée à Donald Trump. La parole de Dieu ne s’attarde pas aux puissances de ce monde. La parole de Dieu fut plutôt adressée aux femmes qui subissent les sévices du pouvoir patriarcal et aux oubliés qui réclament leur juste dû. La parole de Dieu est là pour déranger.

La parole de Dieu ne fut pas adressée à l’empereur Tibère ni à Ponce Pilate. Et elle ne fut certainement pas adressée au roi Hérode, ni aux grands prêtres. La parole de Dieu ne s’attarde pas aux puissances de ce monde. La parole de Dieu fut plutôt adressée à un fou-prophète du désert, à un homme semi-nu qui mangeait des sauterelles. Elle fut adressée à Jean, fils de Zacharie. La parole de Dieu est là pour déranger. Et elle est là pour nous déranger encore, et encore, et toujours.

Dans l’évangile assez court d’aujourd’hui, Luc nous présente Jean comme quelqu’un qui passe la plus grande partie de son temps à se promener d’un bout à l’autre du Jourdain en proclamant la nécessité d’une conversion, d’un changement de vie, d’un nouveau commencement. Jean savait que le messie allait bientôt se manifester publiquement, et il voulait que les gens soient prêts à l’accueillir. Mais qui était Jean ? En réalité, quelqu’un de pas très important, un ermite, un assoiffé de sens, un marginal comme il y en eut si souvent aux cours de l’histoire humaine. Ce n’était pas quelqu’un d’important ni de puissant. Et Luc nous le rappelle en le contrastant aux puissants de son époque. La parole de Dieu ne fut pas adressée à eux, mais à ce fou de Dieu qu’était Jean. La parole de Dieu est toujours adressée à ceux et celles qui ne comptent pas aux yeux du monde, tout comme elle le sera la veille de Noël parmi les bergers. La parole de Dieu est là pour déranger. Elle est là pour rendre les choses gênantes, pour que nous nous posions des questions.

À qui la parole de Dieu est-elle donc adressée de nos jours ? D’abord et avant tout à ceux et celles qui ont soif de justice et de dignité humaine, mais aussi à nous qui sommes encore beaucoup trop confortables dans nos vieilles habitudes d’indifférence. Et c’est ça qu’il faut confronter en cette saison de l’Avent: notre indifférence. C’est de ça qu’il faut nous repentir : le confort de notre indifférence.

Si je vous demandais : comment vous préparez-vous pour la venue du Christ, que répondriez-vous ? Cette saison de l’Avent, est-ce un temps privilégié de réflexion pour vous, une trêve, une saison de pause, un moment de recul ? Ou êtes-vous, comme beaucoup d’entre nous, aux prises avec la folie des fêtes et ce magasinage à outrance ? Nous savons tous que c’est difficile, très difficile d’y résister. Pourtant, l’Église nous offre une occasion exceptionnelle pour nous poser des questions importantes et nous ouvrir à une autre vision des choses. C’est un temps de préparation, certes, mais aussi un temps de questionnement. Saisissons donc ce début d’un temps nouveau, et ouvrons-nous à la possibilité de ce qui nous attend. La parole de Dieu nous est encore adressée, aujourd’hui même. Amen.

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