Journée du Souvenir

Jour du Souvenir – 10 novembre 2019

Il y a un beau poème intitulé  » Sur les champs de Flandres « , du militaire canadien John McRae, qui a consacré à jamais l’image du coquelicot rouge comme symbole du carnage de la Première Guerre mondiale.   McRae est né en Ontario, mais avait des liens étroits ici à Montréal, ayant travaillé au Centre médical McGill et à l’Hôpital général de Montréal.  Il a écrit :

Dans les champs de Flandres les coquelicots se balancent dans le vent
Entre les croix, rangée sur rangée,
Qui marquent notre place; et au ciel
Les alouettes, chantant encore avec courage, volent
Guère entendues dans les tirs des fusils en bas.

C’est ainsi qu’à cette époque de l’année, de nombreuses personnes portent le coquelicot rouge en souvenir de tous ceux qui ont donné leur vie au cours de la Première Guerre mondiale et, par extension, des guerres qui ont suivi.

Et aussi prennent le temps de réfléchir, de prier et de s’engager à travailler pour la paix.

Et chaque année, il y a des controverses sur la question de savoir si nous devrions porter ces coquelicots, si le rouge est la bonne couleur, si en les portant nous glorifions la guerre et bien d’autres sentiments qui n’ont vraiment pas leur place au moment où – indépendamment de nos opinions et croyances – nous ne pouvons que reconnaître que des millions de personnes représentant toute la diversité humaine ont péri, pour la plupart sans raison, à la suite du jeu du pouvoir de quelques-uns afin de préserver notre mode de vie.

Nous sommes les Morts. Il y a peu de jours
Nous vivions, sentions l’aube, voyions la lueur du coucher du soleil,
Aimions et étions aimés, et maintenant nous gisons
Dans les champs de Flandres.

Je suis né en Flandres au nord de la France et j’ai eu de nombreuses occasions de visiter les cimetières militaires qui sont encore là aujourd’hui. Ils sont nombreux, de même que les tombes avec des croix et des étoiles de David et des symboles musulmans, qui rappellent les nombreuses vies – toutes infiniment précieuses – perdues dans la brutalité de la guerre, des deux côtés du conflit.

Et c’est aujourd’hui un jour pour se souvenir d’eux, pour reconnaître le sacrifice qu’ils ont consenti en cherchant à servir leur pays et le plus grand bien, sacrifice dont nous profitons encore aujourd’hui.

Reprenez notre querelle avec l’ennemi:
Nos bras meurtris vous tendent
Le flambeau; à vous toujours de le porter bien haut.
Si vous trahissez notre foi, à nous qui mourons,
Nous ne trouverons jamais le sommeil, bien que les coquelicots poussent
Dans les champs de Flandres.

Ceux qui sont morts dans les champs de Flandres n’auraient pas pu imaginer le monde dans lequel nous vivons aujourd’hui, un monde où les conflits ne se déroulent heureusement plus sur les champs de bataille qu’ils ont connus, avec l’odeur rancide des tranchées, la peur du gaz et des bombes et les pertes incalculables de vies.  Et les querelles ne sont plus les mêmes non plus.  Ceux qui se disputaient ont finalement réussi à devenir amis, ceux qui étaient amis sont devenus des ennemis, et les querelles sont maintenant dans des milieux différents, utilisant différents moyens – qu’ils soient économiques ou cybernétiques – mais toujours avec la menace de perturber la vie…

Il y a donc encore une tâche à accomplir, celle de surveiller et de travailler pour la paix, et cette tâche, ils nous l’ont transmise.  C’est donc à nous de prendre le flambeau et de tenir bon – non seulement dans leur mémoire, mais aussi pour l’avenir de notre monde tel que nous le connaissons.

Aujourd’hui, dans cette cathédrale, la chapelle régimentaire des Canadian Grenadier Guards, nous rendons hommage à ceux qui ont perdu la vie et nous saluons ceux qui ont pris le flambeau et qui contribuent au rétablissement de la paix dans le monde aujourd’hui.

Notre première lecture du prophète Aggée nous donne un peu de perspective sur la façon dont nous, les êtres humains, nous nous sommes tellement concentrés sur la richesse et la propriété, que la poursuite de celles-ci a souvent été pour nous une excuse suffisante pour nous battre.

Le passage que nous avons entendu se rapporte à la reconstruction du second Temple à Jérusalem, mais il parle aussi très puissamment du royaume de Dieu au-delà des murs de tout édifice.

Le prophète rappelle à l’humanité que tout sur terre appartient à Dieu, l’argent, l’or et tout ce qui existe.  Et toutes ces possessions de Dieu peuvent non seulement orner le nouveau temple qui était alors en construction, mais surtout être partagées pour servir toute la création et le peuple de Dieu.  Quand nous reconnaissons que les ressources du monde ne sont pas seulement les nôtres, alors Dieu peut apporter la paix à nous tous.

C’est un message difficile pour nous tous à l’Ouest, qui, dans l’histoire, avons été habitués à prendre tout ce que nous pouvions à la planète pour améliorer nos vies, sans penser aux conséquences pour ceux dont nous avons pris les ressources.

Nos dieux de la richesse et de l’épanouissement personnel étaient plus importants que les autres enfants de Dieu, et ainsi – souvent avec l’aide des armées – nous avons pillé leurs ressources et richesse.

Notre deuxième lecture de la lettre de l’apôtre Paul au peuple de Thessalonique, en Grèce, nous rappelle l’amour inconditionnel que Dieu a pour tout le peuple de Dieu, pour nous tous.

Et Dieu cherche à faire ressortir le meilleur de nous tous, et nous invite à jouer un rôle dans le plan divin de Dieu.

Nous devons être des veilleurs, conscients des dangers qui menacent la paix autour de nous, des artisans de paix actifs partout où nous pouvons être, où que nous soyons, afin que l’amour et la concorde règnent et que la paix de Dieu règne – non pas dans un avenir non spécifié laissé aux autres – mais sous notre surveillance, dans cette génération.

Dans les champs de Flandres les coquelicots se balancent dans le vent
Entre les croix, rangée sur rangée,
Qui marquent notre place; et au ciel
Les alouettes, chantant encore avec courage, volent

Amen

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