Devenir un évangéliste

Aujourd’hui, nous célébrons la fête de St-Luc: évangéliste, disciple, martyre et médecin. Nous le connaissons surtout par l’entremise de son évangile bien sûr, mais aussi grâce aux Actes des apôtres, le livre du Nouveau-Testament qui raconte l’histoire des tous débuts de l’église chrétienne. Luc est un conteur hors-pair. Ses textes nous émerveillent toujours. Il nous parle de la naissance et de la jeunesse de Jésus, et il nous fait vivre les périples de saint Paul lors de ses voyages de mission. Luc écrit l’histoire de ce mouvement fondé sur la personne de Jésus: de ses débuts obscurs dans un petit village appelé Bethléem, jusqu’au cœur même de l’empire à Rome. Et quelle histoire glorieuse!

C’est aussi une journée spéciale pour moi, car Luc est mon deuxième nom, et St-Luc est donc mon patron. Il paraît que ma mère aurait demandé à mon père quel autre nom me donner, à part Donald et, naturellement le nom de tous les petits garçons canadiens-français catholiques, Joseph. Mon père aurait suggéré Luc, car ce sont les trois premières lettres du nom de ma mère, Lucienne. Cette journée me rappelle donc ma mère et ce lien inséparable qui nous unit toujours.

Lorsque j’étais jeune, je voulais faire quatre choses lorsque je serai grand. Je voulais devenir un prêtre. C’est fait. Je voulais devenir un professeur. C’est fait. Je voulais écrire un livre. C’est fait. Et je voulais aussi devenir un saint. Je ne suis pas du tout certain d’avoir réussi. C’est peut-être un peu bizarre d’entendre parler d’un enfant qui voulait devenir un saint, mais c’était un idéal à cette époque. À vrai dire, c’est toujours un idéal pour nous tous qui sommes baptisées. Nous sommes tous appelés à la sainteté. Nous sommes tous appelés à imiter la vie et le dévouement de Jésus. Nous sommes tous appelés à être des évangélistes: à écrire, avec nos vies, la bonne nouvelle de Jésus pour que les autres puissent s’en inspirer. Avoir su ce que c’était qu’un évangéliste lorsque j’étais enfant, j’aurais peut-être souhaité en devenir un. Mais je me dis que ma vie de prêtre en est peut-être pas si loin, après tout. Qu’en est-il de vos vies? Comment êtes-vous des évangélistes?

J’imagine que St-Luc se posait ce genre de questions lorsqu’il s’assoyait pour écrire ses textes. Comment vais-je écrire cette histoire de cet homme nommé Jésus pour qu’elle inspire et motive, non pas seulement les croyants de ma propre communauté chrétienne, mais aussi des générations de croyants et de croyantes à venir? Comment vais-je inspirer les autres avec la foi que Jésus a inspirée en moi? Nous savons tous que la réponse de Luc continue de nous émouvoir, et que nous nous tournons toujours vers ses textes pour comprendre avec plus de profondeur et de nuance la signification du Christ dans nos vies, et dans notre monde en général.

Dans le texte de l’évangile de ce matin, nous voyons qui Jésus lui-même se faisait évangéliste, qu’il interprétait les écritures pour les personnes de son époque, qu’il leur parlait de lui-même bien sûr, mais aussi de la veille et grande promesse d’un monde nouveau. En cette fête de St-Luc, évangéliste, demandons cette grâce qui peut nous transformer en évangéliste, en témoin fidèle de la parole de Dieu.

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