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Annonciation


Je vous salue, Marie, pleine de grâces, le Seigneur est avec vous.

Aujourd’hui, c’est la fête de l’Annonciation, neuf mois avant Noël, où nous prenons le temps de nous rappeler et de nous réjouir que la Parole de Dieu a fait irruption dans la vie d’une jeune fille et l’a complètement bouleversée, tout cela parce qu’elle a eu assez de courage et d’amour pour dire « oui » à la volonté de Dieu. Pour nous qui avons été sauvés par les actions de Jésus et son assentiment, c’est un jour de grande joie, le premier jour de notre salut. Et pourtant, en ce moment où tant de nos vies ont été réellement bouleversées, je ne peux m’empêcher de réfléchir à ce que cet assentiment a vraiment signifié pour elle – à toutes les choses bien-aimées que Dieu nous enlève pour un temps, ou pour toujours, afin que Dieu puisse nous donner quelque chose de meilleur à la fin.

Nous nous souvenons souvent de l’Annonciation dans les images que nous ont données les peintres, des images comme celle qui précède, ou comme les images exquises de la Renaissance italienne, des images qui cherchent à saisir la beauté pure de notre salut : la jeune fille timide, étonnée, s’éveillant à sa puissance ; l’ange agenouillé en signe de révérence devant un être humain ; le calme et la paix d’une vie avant qu’elle ne se transforme, en un instant, du calme et de la paix à la grâce et au pouvoir et à l’amour.

Mais ces belles images, que j’aime, nous rendent un mauvais service : elles placent l’Annonciation dans un monde que nous ne pouvons qu’imaginer : un monde de richesse et d’isolement éloigné, pour la plupart d’entre nous, du monde de notre vie quotidienne. C’est pourquoi, aujourd’hui, je voudrais partager avec vous une image différente, celle de l’artiste et militant contemporain Ben Wildflower. Cette image me rappelle que Marie était pauvre, que lorsque son monde était bouleversé, elle n’avait pas beaucoup d’autres recours que la grâce de Dieu. Elle me parle de ceux qui ont hanté mon cœur cette semaine : ceux que cette pandémie va attraper dans leurs plus grandes vulnérabilités.

L’auteur des Hébreux écrit à propos de l’Incarnation de Jésus : « Il convenait que Dieu, pour qui et par qui toutes choses existent, en amenant de nombreux enfants à la gloire, rende parfait le pionnier de leur salut par la souffrance. Car celui qui sanctifie et ceux qui sont sanctifiés ont tous un seul Père. C’est pourquoi Jésus n’a pas honte de les appeler frères et soeurs ». Je ne sais pas ce que signifie être rendu « parfait par la souffrance », mais je sais que c’est un grand mystère. Il y a beaucoup de mauvaise théologie qui glorifie la souffrance. Jésus n’a jamais glorifié la souffrance, mais a seulement cherché à la soulager. Il l’a prise pour nous, non pas pour que nous puissions nous l’infliger les uns aux autres en son nom, mais pour que nous n’ayons pas à la supporter sans espoir. Il a souffert, pour que nous puissions apprendre la miséricorde.

C’est pourquoi, en ce jour, je vous invite à prier avec moi :

Je vous salue, Marie, pleine de grâces, le Seigneur est avec vous.
Vous êtes bénie entre toutes les femmes, et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni.
Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous pauvres pécheurs,
Maintenant et à l’heure de notre mort.

Comme vous avez marché dans les rues poussiéreuses de Nazareth, marchez parmi ceux qui ont le plus besoin de la grâce en ce jour. Nous nous souvenons devant vous de tous les prisonniers et réfugiés, de ceux qui n’ont pas de maison et de ceux qui sont internés dans des camps, qui n’ont pas accès à l’eau potable et à l’intimité et qui n’ont pas la possibilité de pratiquer la distanciation sociale. Priez pour eux, Marie, maintenant et à l’heure de leur mort.

Alors que vous avez fui vers la maison de votre cousine Elisabeth, intercédez pour tous ceux qui ont dû chercher un lieu d’abri, que ce soit dans nos propres salons ou dans des endroits éloignés de notre lieu de résidence habituel. Donnez-nous la discipline nécessaire pour honorer notre quarantaine, et faites de ce temps de réclusion un temps de croissance dans la grâce. Priez pour nous, Marie, maintenant et à l’heure de notre mort.

Alors que ton Fils marchait parmi ceux qui avaient besoin de guérison, intercède pour tous ceux qui servent les malades, pour les médecins, les infirmières et les ambulanciers ; pour les aides-soignants, les concierges et les administrateurs des hôpitaux ; pour les pharmaciens, les chercheurs en médecine et les experts en santé publique. Protégez-les dans leur corps et dans leur âme, et faites prospérer l’œuvre de leurs mains. Priez pour nous, Marie, maintenant et à l’heure de notre mort.

En te tenant au pied de la croix et en permettant à ton Fils de voir un visage d’amour, intercède pour tous ceux qui sont effrayés ou inquiets pour ceux qu’ils chérissent. Donne-nous ta force inébranlable et ta grâce d’aimer, même si cet amour a un prix. Prie pour nous, Marie, maintenant et à l’heure de notre mort.

Tu as bercé le corps de ton Fils, et tu l’as loué jusqu’à la fin de ta vie. Intercède pour tous ceux qui vont perdre des êtres chers aujourd’hui, afin qu’ils connaissent la présence de Dieu. Priez pour nous, Marie, maintenant et à l’heure de notre mort.

Marie, tu as accueilli la Parole de Dieu dans ta vie, te réjouissant de la beauté et de la joie de ton enfant. Aide-nous à voir et à nous réjouir des dons du présent, même au milieu de ses défis. Aide-nous à accueillir ton Fils, quel que soit le moyen par lequel il vient à nous, sachant qu’il est toujours là, et fais que ce temps d’épreuve soit pour nous et pour tout le peuple de Dieu un temps de croissance dans la grâce et dans l’amour. Prie pour nous, Marie, maintenant et à l’heure de notre mort.

Je vous salue, Marie, pleine de grâces, le Seigneur est avec vous.
Vous êtes bénie entre toutes les femmes, et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni.
Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous pauvres pécheurs,
Maintenant et à l’heure de notre mort.

 

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