Mardi 6 décembre 2011
La fête de S Nicolas
Chers membres Cathédrale,

Le jeune gars de 19 ans visait Mary avec son fusil. Il venait juste de commencer son service militaire et il avait peur. Mary le regardait fixe dans les yeux. Elle a 60 ans. Elle est une grand-mère qui fait du bénévole avec le Conseil Mondial des Églises, et c’est bien loin de son église dans la banlieue confortable de l’ouest de Londres où elle préparait les repas de fête et s’occupait des affaires de l’église
Le berger palestinien ne bougeait pas, pendant que Mary téléphonait le commandant du soldat. Ce jour là la porte dans le Mur de Séparation devait être ouverte entre 8h du matin et midi, et il fallait absolument bouger les moutons de place, du village de Tulkarem dans la Cisjordanie vers les prés de pâturage dans l’Ourlet – ce morceau de terre qui se trouve du côté israélien du mur, mais du côté palestinien de la Ligne Verte de l’ONU.
Dix ans avant, je me tenais devant l’autel dans la chapelle de Ste Hélène dans la Basilique de la Nativité à Bethlehem. Normalement nous devions célébrer la messe dehors dans les Champs des Bergers à Beit Sahour, mais notre guide, bien que palestinien lui-même, le considérait trop dangereux d’y aller. Ce matin il y avait une émeute dans Manger Square, et nous étions les seuls touristes à visiter Bethlehem cet après midi. Ni les autorités orthodoxe ni catholique permettaient que les anglicans disent la messe à l’intérieure de la basilique, mais c’était des temps difficiles, et ils étaient contents que nous soyons là.
En célébrant la présence de Jésus sur l’autel, dans nos cœurs et dans cette petite ville de Bethlehem, notre petit groupe de pèlerins savaient que Jésus ne pouvait naître nulle part ailleurs, ni dans la sécurité de l’Hôtel King David dans l’ouest de Jérusalem, ni dans le palais du roi Hérode. Il a fallu que Jésus naisse ici, dans la peur, dans la violence et la haine de deux mille ans d’oppression - les romains, les croisades, le Shoah, le Nakba. Le miracle de l’incarnation – le miracle du Christianisme – est que Dieu est parmi nous en petit enfant vulnérable à nos côtés, et non pas comme un joueur de marionnettes dans le ciel qui s’amuse à manipuler chaque événement sur terre. C’est dans notre humanité que nous trouvons Dieu, plutôt que dans nos rêves de pouvoir divin.
Alors, en ce temps de noël, prions que les jeunes soldats effrayés n’auront plus jamais besoin de viser leurs fusils vers des grand-mères de 60 ans. Essayons tous d’imiter Jésus en étant plus humains les uns avec les autres. Rappelons-nous que les larmes, qu’elles se versent chez soi, chez des amis, ou dans la prière, sont un grand don de Dieu et qu’elles ne sont pas une cause de honte. Rappelons-nous que le cadeau le plus important que nous avons à offrir à nos amis et à l’étranger, est de pouvoir les toucher, les tenir, les serrer dans les bras et de les aimer. Rappelons-nous que pardonner et se sentir pardonné nous rend forts, mais la rancune nous faiblit, et que le plus précieux de tous nos biens que nous avons à partager est soi-même.
Que vous ayez un noël saint et un joyeux Nouvel An.

Le très révérend Paul Kennington
Le doyen de Montréal
Le diocèse anglican de Montréal
1444 av. Union
Montréal, QC H3A 2B8
Vous pouvez vous renseignez sur le Conseil Mondial des Églises
‘Ecumenical Accompaniment Programme in Palestine and Israel’
En ligne: http://www.eappi.org/





