La Cathédrale Christ Church, située au coeur du centre-ville de Montréal, se faisant remarquer, en 1987, par des milliers de Montréalais qu'elle a ébahis et qui en ont discuté, et ce, matin, midi et soir. Tel un gigantesque naivre en cale sèche, elle suprenait les passants par son apparance d'église flottante : on pouvaie même entendre certains dire : " Pour rien au monde, on ne m'y ferait entrer ! ". Les badauds intéressés étaient nombreaux et loquaces, expliquant leurs idées sur la construction, parfois précises et parfois pas, à qui voulait bien les ecouter.
Le point centrale de toute cette attention était la Cathédrale-sur-pilotis, comme on en est venu à l'appeler, laissant voir les excavations et les nouvelles foundations construites en vue d'un project de promotion immeobilière, comprenant bureaux et commerces, de plusieurs millions de dollars.
La construction de la Cathédrale fut terminée en 1859 d'après les plans de Frank Wills à qui l'ont doit aussi le conception de la Cathédrale Christ Church de Fredericton. Du point de vue architectural, elle a toujours été considérée comme un bel example du style néo-gothique anglais, mais sa construction situe dans une classe à part.
A partir du moment ou l'imposante tour centrale fut achevée, celle-ci commançe à s'enforcer dans le sol mou ou l'on avait creusé ses foundations: en 1920 son aguille marquait un angle de 4 pieds vers le sud. Les problèmes suscités par les premières foundations ont donné la lieu un procès (Wardle vs. Bethune) qui sert encore de référence et qui est souvent cité en rapport avec l'Article 1688 du Code civil de Québec. En 1927, le clocher on pierre, pesant 3.5 millions de livres, dut être enlevé. Il a fallu attendre l'anée 1940 avant que soit érigée ube réplique du clocher en aluminium, offerte par un donateur anonyme.
Le project de développement consistait en un immeuble à bureaux de 34 étages juste au nord de la Cathédrale, et comprenait un seul niveau de stationment et deux niveau pour les commerces au détail au-dessous de la Cathédrale, des passages souterrains vers les magasins Eatons et La Baie ainsi que des terrains réaménages. On y trouve aussi un entre-sol de 10,000 pieds carrés intercalé entre le plancher de la Cathédrale et le plafond du premier niveau de boutiques. Cette mezzanine est occupée par la Maison de la Bible, la Dioscesan Book Room et l'Undercroft ( local réservé à la musique de la Cathédrale, à l'école de l'église et aux programmes d'aide destinés aux démunis ). Le Groupe de l'église - comprenant la Cathédrale, le Diocèse de Montréal et la Société Biblique Canadienne - a négocie en 1985 et 1986 deux ententes avec les promoteurs suivants : le Groupe Westcliff, Corporation Québec Première et les Coopérants, une compagnie d'assurance mutuelle.
La reprose en sous-oeuvre de la Cathédrale nécessaire à la construction des niveaux des commerces au détail et de stationnement fut le point saillant du project. Ce travail débutait à la fin de février pour se terminer en novembre 1987.
Trent-trois pieux cylindriques en acier creux, appelés caissons, furent foncés dans la roche-mère autour des murs de la Cathédrale et sous la tour centrale. Vingt-trois de ces pieux d'un diamètre de 36 po furent placés juste à l'extérieur des murs de la Cathédrale et les dix autres furent foncés depuis l'interieur de la crypte a l'aide d'une machine speciale de 26 po de diamètre. Ces caissons furent enfoncés dans la roche-mère à une profondeur de 45 à 50 pieds et un trou fut percé dans la roche pour s'assurer d'une surface portante adéquate. L'entrepreneur fit descendre des cages de renfort d'acier dans les caissons et les fit remplir de béton afin de former une colonne sure laquelle la Cathédrale allait pouvoir reposer.
Une fois l'excavation terminé, sur le dessus de caissons, on construisit une grille massive de poutres de béton précontriant formant ainsi une portée capable de supporter les poids de la Cathédrale. Les poutres sous la Cathédrale mesuraient en général 6 pi de largeur, et étaient façonnées en forme de T. Les poutres d'arrière de la Cathédrale vers le grand autel mesuraient 4 pi de profondeur par 3 pi 9 po de largeur.
Les poutres en béton précontraint sont capables de soutenir une charge beaucoup plus importante que les poutres e bétone armé ordinaires. Des câbles d'acier de haute tension furent enfilés dans des conduits aménagés dans les poutres , puis tendus à l'aide de vérins massifs pour les mettre en compression avant qu'ils n'aient à porter la charge de la Cathédrale. ( Cette opération est semblable au fait de réplacer une série de livres debout en les tenant pressés les un contre les autres ).
Un fois qui toutes les poutres furent tensionées, les manchons furent remplis de coulis de béton pour empêcher la corrosion des câbles d'acier et leur éventuel relâchement.
Les murs et les colonnes de la Cathédrale furent solidement fixés au sommet des poutres a l'aide de dispostifs spéciaux de serrage en acier connus sous le nom de Dywidags. Une dalle de béton de 8 po fut coulée juste sous le sommet des poutres afin de créer ine barrière insonorrisante et ignifuge efficace entre le plancher de bois de la Cathédrale et le complexe de commerces au détail au-dessous.
La partie le plus délicate de l'opération fut la reprise en sous-oeuvre de la tour. Pour ce faire, il fallut excaver à la main et rogner les fondations originales et permettre la construction du nouveau clocher en aluminium qui devait réduire considérablement le poids de la tour de la Cathédrale. Les vérins fut insérés durant l'excavation et enfin, deux poutres en béton massif mesurant chacune 14 pi de largeur, 46 pi de longeur et 5 pi de profondeur furent coulées de façon a chevaucher les caissons a chque coin de la Cathédrale.
Les mouvements et les vibrations excessives de la Cathédrale ont fait l'object d'une surveillance étroite tout au long de l'opération. De plus, les vitraux ont été examinés et vérif/es à nouvaue une fois le gros de la construction terminé. Le plus grand dommage au cours de cette phase a éte le bris de l'un vitraux de la nef lorsqu'une des bennes-preneuses utilisées pour creuser à l'interieur des caissons heurta le bord et, par ricochet, passa par la fenêtre , évitant de justesse le sacristain qui se trouvait sur les lieux à peine trente seconds plus tôt.
De nouvelles fissures se formèrent: d'autres fissures déjà présentes s'ouvrient davantage et certains vitraux se bombèrent mais dans l'ensemble cette remaquable opération se passa sans anicroche. Quinn Dressel et Associés de Montréal fut l'ingénieur en charpente du project: le Groupe de l'église retenait les services de Shector, Barbacki, Shemie et Associés ltée., égalment de Montréal, pour vérifier la conception à titre de mesure de précaution. La firme Magil Construction ltée assumait la tâche d'entrepeneur général alors que Pétrifond Fondation Co. ltée assumait celle de sous-traitant spécialiste en fondations.
La firme Quinn Dressel et Associés de Montréal s'est vu décerner le 'Prix du mérite' par l'Association des ingénieurs-conseil du Canada pour ce project :
"Le defi relevé par Quinn Dressel et Associés consistait à donner de nouvelles fondations à l'église sans pour autant interrompre les services durant la période de construction. L'état précaire d'un bâtiment qui a pêut-etre été soumis à rude épreuve exigait une appriche qui ne permettrait aucun mouvement appréciable pendant et après l'étape de réalisation ... ( ce qui fut réalisé ) avec succèes, les mouvements ne dépassant jamais 3/16" de pouce .... "
A la fin de 1987 la tour à bureaux était presque entièrement occupée. Le complexe marchand, ses terrains et deux des rues environnantes étaient ouverts dans le courant de l'automme de 1988.






